15 mars 2007

Erasmus wird 20

arton1232_151x20820 ans d'Erasmus ! Genial ! Le programme d'échange entre les universités européennes mis en place par la commission fête cette année ses 20 ans. Qui a vécu cette expérience, que ce soit à Eichstätt (ah Eichstätt...), Berlin, Castellon, Istanbul, Bruxelles, Madrid, Rennes, Rome, Stuttgart, Toronto, Marburg sait que ça vous change une vie radicalement. Combien de scénari à la Xavier dans l'Auberge espagnole ? Tout le monde se reconnaît dans ce brave gars qui cherchent de nouvelles perspectives (au sens architecturale du terme) dans une ville inconnue puis arrivent les ingrédients de base : incompréhension linguistique, incompréhension universitaire, mais surtout rencontres internationales, partys en veux-tu en voilà, visites en tous genres, études de langues, découverte de toutes les différences culturelles qui éloignent et/ou rapprochent...

Quel bilan tirer de ce vingtième anniversaire ? Sans aucun doute, Erasmus est le programme le plus populaire de l'Histoire de l'Union Européenne. C'est celui qui a su faire aimer l'Europe à toute une génération. Il n'a encore rien été inventé de mieux pour découvrir nos voisins de façon massive. Preuve que la Commission est consciente de ce succès incomparable, elle continue à financer ce projet au bout de 20 ans alors qu'elle est censée aider les projets innovants au moment de leur lancement. Aujourd'hui, une expérience à l'étranger est même devenue quasiment indispensable dans certains domaines d'études, voire obligatoires dans certains cursus. Chaque année voit fleurir les cursus bi voire tri-nationaux (ein bisschen bi schadet nie).

Les statistiques publiées par la Commission sont intéresssantes à décortiquer, notamment la liste des universités populaires en 2004/05 (belle année pour partir à l'étranger) : 1 Espagne, 2 Espagne, 3 Espagne... en tout 8 universités ibériques dans les 9 premières, à commencer par Grenade, puis Madrid, Valence avant afin Bologne en 4e position. Berlin est 15e et la France... bah pas dans les 20 premiers en tout cas.

Sur les 20 ans, les Français et les Allemands sont ceux qui sont le plus partis, la grande majorité attirés par le Sud. Qui pourrait en effet avoir l'idée d'aller explorer la forêt bavaroise ?

Quelles sont les perspectives de ce jeune homme de 20 ans qu'est Erasmus ? Comme tout jeune homme, il va rapidement être fauché. En effet, il serait temps que les Etats prennent en charge ce programme qui est pour l'instant financé par la Commission. Or le financement devient le point faible de ce système. Le bourse de mobilité est substantielle mais insuffisante. Ce qui implique que souvent les familles doivent mettre la main à la poche, ce qui forcément crée une sélection. Ce sont les étudiants qui ont les moyens qui peuvent avoir la chance de donner une meilleure image de leur cursus. "Plus on a de tunes, plus on a de tunes". Les différences entre les destinations sont également peu prises en compte dans la répartition des bourses de mobilité. Pourtant entre Londres et Eichstätt, entre Oslo et Ljubjana, entre Edimbourgh et Wroclaw, bon, comment dire ? voilà.

On verra si nos amis les candidats oseront parler de politique européenne, en dehors de leurs meetings à Strasbourg. Pourquoi pas un ministère de l'immigration estudiantine Erasmus et de l'identité européenne ?

Lien sur le communiqué de l'UE sur Erasmus : http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=MEMO/06/467&format=HTML&aged=0&language=EN&guiLanguage=fr

Posté par Willibald à 20:57 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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